CRM métier

Développement sur mesure : à partir de quand ça coûte moins cher qu'un abonnement

4 min de lectureMathieu Sarciat

Un abonnement à 79 € par utilisateur et par mois paraît toujours moins cher qu'un développement. La comparaison est fausse dès la première ligne, parce qu'elle met en regard un prix affiché et un devis, alors que les deux options ont des coûts de nature différente. Voici le calcul complet, celui que nous refaisons à chaque audit.

Ce que le prix affiché ne contient pas

Un abonnement facture l'accès au logiciel. Il ne facture pas trois choses qui, elles, se paient quand même.

Le temps de contournement. C'est le poste le plus lourd et le seul que personne ne mesure. Chaque fois qu'une équipe ouvre un tableur « en attendant », détourne un champ commentaire pour y stocker une information qui n'a pas de case, ou ressaisit une donnée déjà présente ailleurs, elle paie la différence entre l'outil et le métier. Sur les chantiers que nous avons chronométrés, ce temps va de vingt minutes à plus d'une heure et demie par personne et par jour.

Le coût de la donnée dispersée. Dès qu'une partie de l'information vit à côté du logiciel, plus rien n'est fiable : ni le chiffre d'affaires en cours, ni le taux de transformation, ni la charge du planning. Les décisions se prennent alors au ressenti, et l'erreur ne se voit qu'au moment où elle coûte cher.

Le coût de sortie. Il n'apparaît que le jour où l'on veut partir : reprise de données facturée, exports incomplets, formats propriétaires, engagement annuel qui court encore. C'est une dépense différée, pas une dépense nulle.

Le calcul, posé proprement

Prenez six personnes qui perdent chacune une heure par jour à cause de l'outil. Sur quarante-quatre semaines travaillées, cela fait 1 320 heures par an. À 45 € de coût horaire chargé, la perte vaut 59 400 € par an — avant même de parler du prix de l'abonnement.

Face à cela, un abonnement à 79 € pour six utilisateurs coûte 5 688 € par an. Le raisonnement habituel s'arrête là et conclut que le SaaS est dix fois moins cher. Il compare en réalité une facture à une autre facture, en laissant les 59 400 € hors du tableau.

La bonne question n'est pas « combien coûte l'outil » mais « combien coûte la situation actuelle ». Si un développement sur mesure supprime 70 % de ce temps perdu, il rend environ 41 580 € par an, tous les ans, tant que l'outil sert.

Le seuil de bascule

Il ne se situe pas à un nombre d'utilisateurs ni à un chiffre d'affaires. Il se situe au moment où le temps de contournement dépasse durablement le prix de l'abonnement. Trois signes le rendent visible sans rien mesurer :

  • Une information que vous considérez comme importante n'a pas de case dans le logiciel, et vit dans un champ libre ou un tableur.
  • Vos équipes ont inventé une convention interne pour faire dire à l'outil ce qu'il ne sait pas dire — un préfixe dans un nom, une couleur, un code dans un commentaire.
  • Vous avez renoncé à une règle métier parce que le logiciel ne savait pas la porter.

Tant qu'aucun des trois n'est vrai, restez sur votre abonnement : c'est la meilleure décision, et nous vous le dirons aussi clairement que cela.

Ce que le sur mesure ne règle pas

Il ne règle pas un process mal défini. Un logiciel construit sur une organisation confuse produit une organisation confuse plus rapidement. C'est précisément ce que l'audit sert à trancher : s'il révèle que le problème est dans la répartition des rôles plutôt que dans l'outil, développer serait dépenser au mauvais endroit.

Il ne règle pas non plus les besoins standards. La paie, la comptabilité, la messagerie, la signature électronique : il existe d'excellents produits, conformes et maintenus, et il n'y a aucune raison de les réécrire. Le sur mesure a du sens là où votre métier est différent de celui du voisin — pas là où il est identique.

Les trois conditions à poser avant de signer

Quel que soit le prestataire, exigez ces trois points par écrit. Ils ne coûtent rien à accorder quand on est honnête, et ils suffisent à éviter la dépendance :

  1. Le code sur vos dépôts, à votre nom, dès le premier jour — pas « à la livraison ».
  2. L'hébergement sur vos comptes, avec vos accès administrateur.
  3. Un document d'architecture compréhensible par un développeur qui n'a jamais vu le projet.

Un prestataire qui refuse l'un des trois vous vend un abonnement déguisé en développement. C'est le pire des deux mondes : le prix du sur mesure et la dépendance du SaaS.

En pratique, chez nous

Nous construisons depuis Bordeaux des outils métier sur mesure et des CRM pour des PME de Gironde et d'ailleurs. Le modèle est aligné sur ce que dit cet article : aucune avance, aucune licence, et une facture qui vaut 30 % du temps effectivement récupéré, mesuré contradictoirement trois mois après la mise en production. Si l'outil ne fait rien gagner, il n'y a pas de facture — ce qui nous oblige à vous dire quand un abonnement suffirait.

La première étape est un audit gratuit de quatorze jours, qui produit le seul chiffre qui compte ici : combien de temps vous perdez réellement, et lequel est récupérable.

Mathieu Sarciat

Construit des outils métier et des agents IA pour des TPE/PME depuis Bordeaux. Onze outils en production, dont plusieurs utilisés quotidiennement dans ses propres entreprises.

FAQ

Trois questions sur ce sujet.

À partir de combien d'utilisateurs le sur mesure devient-il rentable ?

Le nombre d'utilisateurs est le mauvais critère : c'est le temps de contournement qui décide. Une entreprise de quatre personnes dont chacune perd quarante minutes par jour à rattraper un outil inadapté a plus à gagner qu'une entreprise de trente personnes dont l'outil couvre correctement le métier. Comptez le temps passé à contourner, pas les sièges.

Combien coûte un logiciel métier sur mesure pour une PME ?

Les fourchettes annoncées par la profession vont de quelques milliers d'euros pour un back-office simple à plusieurs dizaines de milliers pour une plateforme multi-utilisateurs. Chez nous la question ne se pose pas dans ces termes : il n'y a ni acompte ni prix catalogue, la rémunération vaut 30 % de la valeur du temps mesuré comme récupéré, trois mois après la mise en production, et elle est plafonnée d'avance au contrat.

Que devient le logiciel si le prestataire disparaît ?

Il continue de fonctionner, à condition d'avoir posé trois conditions au départ : le code sur vos dépôts, l'hébergement à votre nom, et un document d'architecture lisible par un développeur extérieur. Si un prestataire refuse l'une des trois, le risque n'est pas technique, il est commercial — et c'est un motif suffisant pour ne pas signer.

Combien de temps avant d'avoir quelque chose d'utilisable ?

Dix jours ouvrés pour un premier périmètre réellement en production, pas une maquette. Ce périmètre est volontairement étroit : une équipe, un type de dossier. On élargit ensuite par lots, avec la possibilité de revenir en arrière à chaque étape.

Un article ne mesure rien. Trente minutes, si.

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